Qui est Kemi Seba (Étoile Noire), l’homme qui a brûlé le Franc CFA, marié à une congolaise et père de quatre enfants?

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, né le 9 décembre 1981 à Strasbourg, est un activiste anticolonialiste, et chroniqueur politique de télévision en Afrique. Chef d’entreprise et essayiste franco-béninois, il est une figure du radicalisme noir et du panafricanisme contemporain. Initialement membre francophone de Nation of Islam, Kémi Séba se fait d’abord connaître en France en tant que fondateur ou porte-parole de plusieurs organisations politique, notamment « Tribu Ka » et « Génération Kémi Séba », toutes deux dissoutes par décret pour incitation à la haine raciale.

Il s’installe ensuite en février 2011 au Sénégal, où il poursuit son militantisme politique en devenant notamment conférencier intervenant sur la thématique du panafricanisme, au sein des universités dakaroises. À partir de 2013, il est engagé en tant que chroniqueur politique sur la première chaîne de télévision privée du Sénégal, à savoir la 2stv.

Il mène à partir de l’année 2017, à la tête de son ONG Urgences panafricanistes, une lutte « contre le néocolonialisme » français.Il dénonce le franc CFA et le manque de souveraineté monétaire qui touche les pays utilisant cette devise, à travers des manifestations politiques dans l’ensemble des pays d’Afrique francophone jusqu’au Président français Emmanuel Macron. Stellio (Stélio) Gilles Robert Capo Chichi est né en France de parents béninois.

D’autres origines (ivoirienne et haïtienne) lui ont cependant été parfois attribuées. Son père est un médecin ayant fait faillite dans le privé à ses débuts en province en France (à cause, selon Kémi Séba, du racisme du début des années 1980) et sa mère, un mannequin au Bénin dans sa jeunesse, avant de devenir infirmière en France.Il a été par ailleurs, plusieurs fois condamné par la justice française pour provocation à la haine raciale, propos antisémites, outrages.

En juillet 2008, il se convertit à l’islam après son séjour en prison, et affirme avoir abandonné ses références « suprémacistes » au profit d’une vision « ethno-différencialiste », ne pensant plus que « l’homme blanc est le diable».Il participe ou organise des conférences, des manifestations politiques ou culturelles qui se déroulent en Afrique, en France, en Belgique et à Haïti.

En septembre 2015, il est nommé directeur général de la chaîne de télévision Afrique Media.Séba est bigame et marié à l’institutrice camerounaise Etuma Seba depuis 2004 et depuis 2010 à Natou Pedro Sakombi, chercheuse en histoire africaine de nationalité belge et d’origine congolaise. Il est père de quatre enfants.Kémi Séba, au retour d’un voyage à Los Angeles, se forme à la politique, au sein de Nation of Islam à Paris à partir de 1999, et ce durant un an et demi.

Il y acquiert ses bases militantes, doctrinales, idéologiques et surtout ses capacités d’orateur.Le 1er avril 2008, Kémi Seba est condamné pour avoir tenté de recréer illégalement la Tribu Ka sous l’appellation Génération Kémi Séba. Il écope d’une peine de six mois de prison dont 2 ferme ainsi que d’un an de privation de ses droits civiques, civils et de famille.

L’ONG Urgences panafricanistes est fondée en 2015 à Dakar par Kémi Séba, Hery Djehuty son plus proche collaborateur, et Toussaint Alain ancien conseiller politique de Laurent Gbagbo.Le but initial de l’ONG est d’apporter une aide médicale et scolaire sur les terrains de conflit en Afrique afin de concurrencer les ONG occidentales, mais très rapidement, c’est de par sa présence sur de nombreux fronts dont la justice sociale, la lutte contre le néocolonialisme, le franc CFA et contre la corruption des États africains qu’elle gagne en audience en Afrique francophone.

Selon Kémi Séba, son association est notamment financée par des footballeurs africains dont Nicolas Anelka et Demba Ba. L’une des premières actions de l’Ong Urgences panafricanistes consiste à dénoncer à partir de 2016 l’esclavage des populations haratines en Mauritanie. Leur action se matérialisera par le soutien du leader Biram Dah Abeid.L’ONG Urgence Panafricanistes met, à partir d’avril 2018, un programme d’aide financière en faveur des femmes les plus précarisées.

À partir de janvier-février 2017 il organise via le FRONT ANTI CFA qu’il a fondé avec son ONG Urgences panafricanistes, des manifestations contre le franc CFA, un peu partout en Afrique Francophone notamment au Mali. Pendant qu’il s’apprête à quitter le pays, il est arrêté et contrôlé par Interpol à l’aéroport de Bamako qui l’interroge sur ses activités anti franc-CFA. Il est relâché au bout de 30 minutes.Il est expulsé du Sénégal vers la France.

En octobre 2017, il arrive à l’aéroport de Cotonou, où il reçoit, d’après Xalima Mouride et BENIN WEB TV un accueil triomphal.Il décide dès lors de s’y installer et d’y continuer son combat politique. Il reçoit l’année 2018, de nombreux prix pour son combat politique, dont certain même qu’il refuse, arguant que c’est à la fin d’un combat que l’on gagne les trophées, pas à la mi-temps.Le 2 mars 2018, Kémi Seba est refoulé de l’aéroport international de Conakry, alors qu’il venait en Guinée pour y donner une série de conférences portant sur les questions de souveraineté africaine conjointement avec le mouvement « Le peuple n’en veut plus ». Il est renvoyé à Cotonou.

Le 26 août 2018, Kémi Séba est reçu au Burkina Faso par le président de la République Roch Roch M.C. Kabore.En mars 2019, toujours dans le cadre de sa lutte contre le franc CFA, Kémi Séba se rend en Côte d’Ivoire et tente d’y organiser une manifestation. Il en est expulsé vers le Bénin en raison de « risques potentiels de troubles » liés à la manifestation. En janvier 2020, il est interdit d’embarquement à l’aéroport de Cotonou alors qu’il voulait manifester au Mali contre la présence française. Le Collectif sortir du FRANC CFA l’accuse de propager la haine, la désinformation et la xénophobie.

En octobre 2020, bien qu’étant interdit de séjour en territoire ivoirien, Kémi Séba se rend clandestinement en Côte d’Ivoire et demande un report de l’élection présidentielle de 2020, s’opposant à un troisième mandat d’Alassane Ouattara.En octobre 2021, Kémi Séba est arrêté au Burkina Faso alors qu’il se rend à un meeting politique « contre le néo-colonialisme », et plus spécifiquement contre l’opération militaire française « Barkhane», qui se tient à Bobo-Dioulasso.

Il est ensuite expulsé vers le Bénin.Il a un temps envisagé de se présenter aux élections municipales de 2008 à Sarcelles sur une liste « identitaire », candidature abandonnée.Alors qu’il devait donner une conférence au théâtre de la Main d’Or, à Paris, il est arrêté le 13 septembre 2014 pour l’exécution de sa condamnation de 2008 portant sur des violences en réunion. Le sursis dont il avait à l’époque bénéficié avait été révoqué en 2011 pour non-respect de sa mise à l’épreuve. Il vivait depuis au Sénégal. Il est présenté le lendemain au parquet de Paris et purge sa peine. Le 29 octobre 2014, il sort de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis après 45 jours de détention.

Le 25 août 2017, il est interpellé à Dakar et placé sous mandat de dépôt après avoir brûlé le 19 août en public un billet de 5000 F CFA lors d’un rassemblement contre cette devise dans la capitale sénégalaise. Séba est relaxé par la justice sénégalaise le 29 août 2017. Le 6 septembre 2017, le Sénégal l’expulse vers la France. Le mois suivant, il s’installe au Bénin.En décembre 2019, dans le cadre d’une conférence à l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, Kemi Seba dénonce la soumission des présidents africains au gouvernement français et qualifie les présidents burkinabè de « passoire ou robot », nigérien de « fou », ivoirien de « dramatique » et français de « marionnettiste ».

À la suite de ses propos, Kémi Séba est arrêté puis condamné à une peine de deux mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 200 000 francs CFA pour outrage au chefs d’État. Il assure néanmoins ne pas regretter ses paroles.

Le 23 février 2020, Séba revient au Sénégal pour assister à l’appel de son procès pour avoir brûlé un billet de franc CFA. Il est arrêté à l’aéroport Blaise-Diagne, détenu pendant 30 heures puis expulsé vers la Belgique. La tenue du procès est ensuite repoussée.

En mars 2015, Kémi Séba est reçu en Iran par Mahmoud Ahmadinejad, pour parler de la nécessité de collaborer entre pays du Sud confrontés à ce qu’ils considèrent être l’impérialisme occidental.